Contes
Les Contes drolatiques : premier dixain
Des moines, des diables et des amours interdites
Entrez dans l’univers débridé, grivois et truculent des Contes drolatiques ! Balzac y déploie une verve scatologique, une gauloiserie sans complexe et un art consommé du cocuage. Ces récits, parus en 1832, sont une ode à la débauche, à la ruse et aux plaisirs charnels, le tout enveloppé dans une langue savoureuse et prétendument archaïque, qui feint l’innocence pour mieux choquer.
Dans ce Premier Dixain, le maître du réalisme se fait conteur malicieux et impudent. Il nous entraîne dans les ruelles mal famées de la Touraine, dans les alcôves des courtisanes, dans des monastères peu chastes et dans des châteaux où l’amour se conjugue avec la tromperie. Les maris cocus, les amants ridicules et les clercs débauchés s’y bousculent, sous le regard complice de Gustave Doré, dont les illustrations de 1855 – tantôt licencieuses, tantôt grotesques – soulignent avec brio la verve paillarde de Balzac.
12 février 2026 | 348 p. | 170 × 220 mm | 18,00 € | 9782494299511.
📖 L’hommage drolatique de Balzac à la rue de Tours dans laquelle il est né | extrait, p. 326-327.
Tours ha esté et sera touiours les pieds dedans la Loire, comme une jolie fille qui se baigne et joue avecque l’eaue, faisant flic flac en fouettant les ondes avecque ses mains blanches ; car cette ville est rieuse, rigolleuse, amoureuse, fresche, fleurie, perfumée mieux que toutes les aultres villes du monde qui ne sont pas tant seullement dignes de lui paigner ses cheveulx, ni de luy nouer sa saincture… Et comptez, si vous y allez, que vous lui trouverez, au milieu d’elle, une jolie raye, qui est une rue délicieulse où tout le munde se pourmène, où touiours il y ha du vent, de l’umbre et du soleil, de la pluye et de l’amour. Ha ! ha ! riez donc, allez-y donc ! C’est une rue touiours neufve, touiours royalle, touiours impériale, une rue patrioticque, une rue à deux trottoirs, une rue ouverte des deux bouts, bien percée, une rue si large que iamays nul n’y a crié : gare ! une rue qui ne s’use pas, une rue qui mène à l’abbaye de Grand-Mont et à une tranchée qui s’emmanche très-bien avecque le pont, et au bout de laquelle est ung beau champ-de-foire ; une rue bien pavée, bien bastie, bien lavée, propre comme un mirouère, populeuse, silencieuse à ses heures, coquette, bien coiffée de nuict par ses iolys toicts bleus ; brief, c’est une rue où ie suys né, c’est la royne des rues, toujours entre la terre et le ciel, une rue à fontaine, une rue à laquelle rien ne manque pour estre cellebrée parmy les rues ! Et de faict, c’est la vraye rue, la seule rue de Tours. S’il y en ha d’autres, elles sont noires, tortueuses, estroites, humides, et viennent touttes respectueuses saluer ceste noble rue, qui les commande.
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