Petits & Grands Classiques
Catalogue > Petits et Grands Classiques > La Paix du ménage
La Paix du ménage
Une bague, un bal, un pari dangereux…
Paris, 1809. Dans les salons fastueux du Premier Empire, la comtesse de Soulanges, reléguée dans l’obscurité, devient malgré elle le centre de toutes les attentions. Autour d’elle, un quadrille amoureux se joue, en présence de son mari, de la coquette Mme de Vaudremont, et du séducteur Martial de la Roche-Hugon.
Un diamant, symbole de convoitise, va passer de main en main, révélant les passions et les trahisons. Balzac, avec son sens aigu du théâtre social, nous offre une plongée dans une société où les apparences et les calculs dominent.
Édition : Maxime Perret.
2 février 2026 | 80 p. | 108 × 178 mm | 6,00 € | 9782494299221.
Une scène de bal sous le Premier Empire | extrait, p. 50-51.
Les regards se fixèrent un moment sur Mme de Soulanges : un murmure flatteur annonça qu’elle était le sujet de la conversation de chaque partner avec sa danseuse. Les œillades d’envie et d’admiration se croisaient si vivement sur elle, que la jeune femme, honteuse d’un triomphe auquel elle semblait se refuser, baissa modestement les yeux, rougit, et n’en devint que plus charmante. Si elle releva ses blanches paupières, ce fut pour regarder son danseur enivré, comme si elle eût voulu lui reporter la gloire de ces hommages et lui dire qu’elle préférait le sien à tous les autres ; elle mit de l’innocence dans sa coquetterie, ou plutôt elle parut se livrer à la naïve admiration par laquelle commence l’amour avec cette bonne foi qui ne se rencontre que dans de jeunes cœurs. Quand elle dansa, les spectateurs purent facilement croire qu’elle ne déployait ces grâces que pour Martial ; et, quoique modeste et neuve au manège des salons, elle sut, aussi bien que la plus savante coquette, lever à propos les yeux sur lui, les baisser avec une feinte modestie.
[…]
À la fin de cette contredanse, plus d’un chuchotement résonnait à plus d’une oreille. Les femmes les moins jolies faisaient de la morale avec leurs danseurs, à propos de la naissante liaison de Martial et de la comtesse de Soulanges. Les plus belles s’étonnaient d’une telle facilité. Les hommes ne concevaient pas le bonheur du petit maître des requêtes auquel ils ne trouvaient rien de bien séduisant. Quelques femmes indulgentes disaient qu’il ne fallait pas se presser de juger la comtesse : les jeunes personnes seraient bien malheureuses si un regard expressif ou quelques pas gracieusement exécutés suffisaient pour compromettre une femme. Martial seul connaissait l’étendue de son bonheur. À la dernière figure, quand les dames du quadrille eurent à former le moulinet, ses doigts pressèrent alors ceux de la comtesse, et il crut sentir, à travers la peau fine et parfumée des gants, que les doigts de la jeune femme répondaient à son amoureux appel.
📸 #MonCaféAvecBalzac
Retrouvez toutes les chroniques #MonCaféAvecBalzac sur Instagram.
🖨️ Téléchargements
Fiche professionnelle | argumentaire et détails pour libraires et enseignants (pdf)
Séquence pédagogique | niveau : Seconde | dossier de l’enseignant (pdf)
Séquence pédagogique | niveau : Seconde | dossier de l’élève (pdf)






