L’œuvre et cette édition
Pour entrer dans le livre
Mlle Cormon devait donc être le point de mire de deux ambitieux aussi profonds que le chevalier de Valois et du Bousquier. Pour l’un et pour l’autre, là était la députation ; et par suite, la pairie pour le noble, une recette générale pour le fournisseur. Un salon dominateur se crée aussi difficilement en province qu’à Paris, et celui-là se trouvait tout créé. Épouser Mlle Cormon, c’était régner sur Alençon. Athanase, le seul des trois prétendants à la main de la vieille fille qui ne calculât plus rien, aimait alors la personne autant que la fortune. Pour employer le jargon du jour, n’y avait-il pas un singulier drame dans la situation de ces quatre personnages ? Ne se rencontrait-il pas quelque chose de bizarre dans ces trois rivalités silencieusement pressées autour d’une vieille fille qui ne les devinait pas malgré un effroyable et légitime désir de se marier ?
« Beaucoup de personnes ont dû rencontrer dans certaines provinces de France plus ou moins de chevaliers de Valois, car il en existait un en Normandie, il s’en trouvait un autre à Bourges, un troisième florissait en 1816 dans la ville d’Alençon, et peut-être le Midi possédait-il le sien. » p. 11
Dans l’histoire de l’œuvre
La Vieille Fille paraît d’abord en feuilleton dans La Presse, du 23 octobre au 4 novembre 1836, après de multiples corrections sur épreuves. Le titre est conservé lors de l’intégration du récit aux Scènes de la vie de province.
Ce qui distingue cette édition
Le texte intégral est accompagné d’une présentation et de notes qui éclairent les rivalités sentimentales, sociales et politiques dissimulées derrière la recherche d’un mari. L’appareil éditorial aide à comprendre comment le destin de Mlle Cormon devient aussi celui d’une ville et d’un ordre social.
Panier 


