L’œuvre et cette édition
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Sous la monarchie de Juillet, la presse est un empire où se côtoient les Ténors des Premiers-Paris, les Camarillistes des tribunes parlementaires, les Bravi et autres Pêcheurs à la ligne des insolents petits journaux. Entre satire mordante et classification zoologique, Balzac dépeint une faune littéraire où l’ambition le dispute à la médiocrité, où la conviction cède souvent à l’opportunisme, et où chaque journal, comme un miroir brisé, ne reflète qu’une parcelle déformée de la vérité.
Illustré par les plus grands caricaturistes du XIXe siècle – Gavarni, Daumier, Traviès ou Monnier –, ce texte est une radiographie implacable des mécanismes du pouvoir par l’écrit. Entre axiomes cinglants (« Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai »), portraits hilarants et pastiches féroces des grands critiques littéraires, Balzac révèle les ressorts d’une machine où la plume, aussi redoutable que l’épée, façonne l’opinion… et parfois l’Histoire.
Une plongée jubilatoire dans les coulisses du journalisme, aussi actuelle qu’hier.
« Il n’y a rien d’ingrat comme une idée, une chose et un parti ; car un parti, c’est une idée appuyée par les choses. »p. 55
Dans l’histoire de l’œuvre
Le texte paraît en 1843 dans le deuxième tome de La Grande Ville. Nouveau tableau de Paris comique, critique et philosophique. Balzac y applique au monde de la presse la méthode des panoramas sociaux contemporains : observer un milieu, en identifier les espèces et en dégager les comportements caractéristiques.
Le journaliste devient ainsi un animal social dont l’apparence, le langage, les convictions et les revirements peuvent être classés. Balzac se moque également de la vogue des « physiologies », genre éditorial auquel il a lui-même contribué. La satire vise donc simultanément la presse, le monde littéraire et les procédés de classement employés par l’auteur.
Ce qui distingue cette édition
L’édition restitue la construction méthodique et comique de cette véritable zoologie journalistique. La présentation et les notes permettent de reconnaître les différents métiers de la presse sous la monarchie de Juillet, les allusions politiques et les formes éditoriales que Balzac détourne.
Les gravures issues de La Grande Ville réunissent plusieurs artistes majeurs de la caricature du XIXe siècle, dont Gavarni, Honoré Daumier, Traviès et Henri Monnier. Placées au contact du texte, elles redonnent toute sa force au dialogue entre typologie littéraire et observation graphique.
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