L’œuvre et cette édition
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Sur le champ de bataille d’Eylau, Chabert a miraculeusement échappé à la mort. S’il est bel et bien vivant, le colonel comte n’a pourtant plus d’existence administrative : sa succession est liquidée ; sa veuve, à qui l’on a très officiellement notifié la mort du colonel, s’est remariée.
De retour à Paris, Chabert comprend qu’il est devenu un mort-vivant, l’incarnation un peu trop présente d’un passé désormais bien embarrassant pour la société de la Restauration. Revenu d’entre les morts parmi les vivants, Chabert demande des comptes à la société qui continue de vivre – sans lui. A-t-il le droit d’exiger de sa femme qu’elle abandonne son nouveau mari et ses deux enfants ?
« Je suis le colonel Chabert qui a enfoncé le grand carré des Russes à Eylau ! »p. 51
Dans l’histoire de l’œuvre
Une première version paraît dans L’Artiste les 19 et 26 février, puis les 4 et 11 mars 1832, sous le titre La Transaction. Le récit devient La Comtesse à deux maris en 1835, avant de prendre le titre Le Colonel Chabert lors de son intégration à La Comédie humaine chez Furne en 1842.
Ce qui distingue cette édition
Le texte intégral est présenté et annoté pour rendre immédiatement lisibles son contexte historique et son conflit juridique. L’appareil éditorial accompagne la trajectoire de Chabert entre l’Empire et la Restauration, sans atténuer la force humaine d’un homme devenu étranger à sa propre existence.
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