L’œuvre et cette édition
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La continuation des contes de Perrault par Timothée Trimm est née du désir de leur auteur de donner une suite aux grands classiques de la littérature française que sont devenus au XIXe siècle les Contes de ma mère l’Oye.
Prétendument réclamées par les enfants, ces « suites » de Timothée Trimm, illustrées par Henry de Montaut, sont censées mieux répondre aux exigences de l’instruction des enfants à l’ère du scientisme et du positivisme. L’auteur instrumentalise ainsi le merveilleux pour enseigner aux enfants le pouvoir du savoir et la puissance de la science. La catéchèse quelque peu moralisante à destination des enfants, caractéristique du Second Empire, est contrebalancée par une ironie savoureuse et par un discours à double entente qui procure autant de plaisir aux petits qu’aux grands lecteurs.
« La science ne saurait avoir de secret pour moi. »p. 14
Dans l’histoire de l’œuvre
Timothée Trimm est le pseudonyme de Léo Lespès, journaliste populaire qui participe en 1862 à la fondation du Petit Journal. Publié en 1865, son recueil part d’une question aussi simple que féconde : que deviennent les personnages après la conclusion de leur conte ?
Les suites confrontent les fées, les objets enchantés et les héros de Perrault aux valeurs nouvelles du Second Empire. La science et l’instruction y deviennent presque aussi puissantes que le merveilleux. Derrière la morale destinée aux enfants se développe cependant une ironie qui permet une seconde lecture à l’usage des adultes.
Ce qui distingue cette édition
L’édition réunit les textes de Perrault et leurs continuations, permettant de lire successivement le conte connu et l’avenir inattendu que Timothée Trimm imagine pour ses personnages. Cette organisation rend immédiatement perceptibles les déplacements opérés : le merveilleux traditionnel rencontre la médecine, les inventions modernes, le scientisme et la pédagogie du XIXe siècle.
Les illustrations d’Henry de Montaut, reprises de l’édition originale de 1865, accompagnent aussi bien les personnages familiers que leurs nouvelles aventures. Elles restituent la dimension patrimoniale et populaire d’un ouvrage conçu pour plusieurs générations de lecteurs.
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