L’œuvre et cette édition
Pour entrer dans le livre
En 1840, Balzac accepte la proposition de l’éditeur Pierre-Jules Hetzel d’écrire pour les Scènes de la vie privée et publique des animaux cinq contes qui seront illustrés par Grandville. Ce faisant, il s’inscrit dans la prestigieuse lignée des écrivains qui ont fait parler des animaux, à commencer par Jean de La Fontaine. Entre fables cruelles et portraits hilarants, ces textes proposent une plongée dans un monde où les bêtes en savent plus long que nous sur nos propres ridicules.
Élaborés simultanément au grand œuvre de La Comédie humaine, ces contes méconnus malgré leur succès indéniable lors de leur publication, fournissent à Balzac l’occasion de creuser le parallèle entre l’humanité et l’animalité. Avec un humour mordant et une ironie sans pitié, Balzac transforme les animaux en miroirs de nos travers, offrant une satire sociale aussi savoureuse qu’inattendue.
« Ici c’est l’Animal qui s’inquiète de l’Homme, qui le juge en se jugeant lui-même. »p. 9
Dans l’histoire de l’œuvre
Pierre-Jules Hetzel imagine en 1840 une vaste entreprise collective dans laquelle les animaux deviennent les narrateurs et les juges du comportement humain. Les deux volumes originaux paraissent en 1841 et 1842, portés par les illustrations de Grandville.
Balzac fournit cinq récits au projet. L’un d’eux, le Voyage d’un Moineau de Paris à la recherche d’un meilleur gouvernement, paraît sous la signature de George Sand, bien que le texte soit attribué à Honoré de Balzac. L’ensemble dialogue avec la tradition de La Fontaine tout en inversant son principe : les animaux ne servent plus seulement à instruire les hommes, ils observent directement leur société et en révèlent les travers.
Ce qui distingue cette édition
Cette édition rassemble les cinq contributions de Balzac à l’entreprise de Hetzel et permet de les lire comme un véritable ensemble. De la Chatte anglaise au Lion africain, chaque narrateur animal porte un regard différent sur les apparences sociales, la recherche des honneurs, le gouvernement, Paris ou les relations amoureuses.
Les illustrations originales de Grandville sont pleinement associées aux textes. Ses animaux vêtus, expressifs et placés dans des situations humaines ne constituent pas un simple décor : ils prolongent la satire et rendent immédiatement visible le jeu entre humanité et animalité qui structure les cinq récits.
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