L’œuvre et cette édition
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Paris, 1815. Roger de Granville, magistrat respecté, erre comme une ombre dans les ruelles sombres du Marais, rongé par un mariage devenu prison. Angélique, son épouse dévote, a transformé leur foyer en couvent, étouffant toute joie sous le joug d’une piété inflexible. Granville trouve un refuge inattendu dans le regard de Caroline Crochard, jeune brodeuse qui survit avec sa mère dans la misère de la rue du Tourniquet-Saint-Jean.
Entre ces deux femmes, deux destins : l’une, vertueuse jusqu’à l’absurde, l’autre, libre et aimante malgré la précarité. Mais quand Caroline, après des années de bonheur clandestin, quitte Granville pour un autre, le juge découvre l’amère vérité des cœurs inconstants.
« Granville commit alors l’énorme faute de prendre les prestiges du désir pour ceux de l’amour. »p. 63
Dans l’histoire de l’œuvre
Un fragment paraît dans Le Voleur le 5 avril 1830 sous le titre « La Grisette parvenue ». La version complète est publiée la même année chez Mame et Delaunay-Vallée, dans les Scènes de la vie privée, sous le titre La Femme vertueuse ; le récit reçoit son titre actuel, Une double famille, dans l’édition Furne de 1842.
Ce qui distingue cette édition
Cette édition met en lumière la construction à deux foyers d’un récit où la vie privée révèle les contradictions de la justice et de la morale. Présentation et notes accompagnent les changements de milieu, les enjeux religieux et la critique de l’ordre familial.
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