L’œuvre et cette édition
Pour entrer dans le livre
Entrez dans l’univers débridé, grivois et truculent des Contes drolatiques ! Balzac y déploie une verve scatologique, une gauloiserie sans complexe et un art consommé du cocuage. Ces récits, parus en 1832, sont une ode à la débauche, à la ruse et aux plaisirs charnels, le tout enveloppé dans une langue savoureuse et prétendument archaïque, qui feint l’innocence pour mieux choquer.
Dans ce Premier Dixain, le maître du réalisme se fait conteur malicieux et impudent. Il nous entraîne dans les ruelles mal famées de la Touraine, dans les alcôves des courtisanes, dans des monastères peu chastes et dans des châteaux où l’amour se conjugue avec la tromperie. Les maris cocus, les amants ridicules et les clercs débauchés s’y bousculent, sous le regard complice de Gustave Doré, dont les illustrations de 1855 – tantôt licencieuses, tantôt grotesques – soulignent avec brio la verve paillarde de Balzac.
« Le rire est un enfant nu, un enfant habitué à jouer avec la tiare, l’épée et la couronne sans connaître le danger. »p. 8
Dans l’histoire de l’œuvre
Le Premier Dixain paraît en 1832 et ouvre un projet particulièrement ambitieux : Balzac envisageait d’écrire cent contes répartis en dix « dixains ». Il n’en achèvera que trois.
La langue drolatique n’est pas la restitution fidèle d’un état historique du français. Balzac invente une langue pseudo-ancienne, nourrie notamment de Rabelais, de Boccace et de la tradition du fabliau. Cet idiome imaginaire lui permet de retrouver une liberté comique, corporelle et verbale que la société de son temps tend à contenir.
Ce qui distingue cette édition
Le texte a été revu à partir des corrections manuscrites portées par Balzac sur un exemplaire conservé à la Bibliothèque de l’Institut. Ce travail permet de se rapprocher au plus près de la langue volontairement singulière de l’auteur, dont les graphies, les inventions et les archaïsmes constituent une part essentielle de l’œuvre.
L’édition restitue également l’abondante illustration créée par Gustave Doré en 1855 : frontispices, scènes narratives, figures grotesques, lettrines et ornements accompagnent la lecture et prolongent visuellement la liberté du texte. L’œuvre de Balzac et l’interprétation de Doré forment ainsi un ensemble littéraire et graphique cohérent.
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